Jean-Pierre Maury, sculpteur alchimique



Jean-Pierre Maury, autodidacte et fier de l'être, vient tard à la sculpture ; il exerçait et continue d'exercer l'insolite profession de mouleur mortuaire.
L'inspiration de ses œuvres est celle de la symbolique alchimique, mais vue et rendue par la raison pure d'un homme simple.
L'ésotérisme de son travail s’accorde avec la recherche des Surréalistes : « mettre sur le chemin du Point suprême », idée essentielle provenant de la tradition hermétique. Cette transmutation, qu'elle soit alchimique ou poétique, est cette ultime descente vertigineuse en nous-mêmes.

Mais le groupe des Surréalistes est en lui-même un lieu clos. En 1964, André Breton rejette ce trublion qui mélange un peu tout. Transmutation alchimique ou métamorphose poétique... « Dehors ! » Il n'y a pas de place pour les apprentis sorciers.

Ami de toujours de Jacques Prévert, deux ans plus tard, en 1966, le poète rédigera la plus belle de ses préfaces pour son exposition chez Jean d'Halluin, le Bestiaire magique, dont voici un extrait :
« Le bestiaire des superstitions a ses rêves, la ménagerie des religions ses cages. Une lanterne, n'importe laquelle, est magique, le plus beau des cierges fait semblant ».

Jacques Prévert (1966)

Et voilà comment Maury devient un artiste étrange quand il « dit » par sa sculpture, des choses « vraies », sans trop savoir pourquoi, traduisant en trois dimensions la forme la plus primitive de la pensée humaine, ce passage oublié de l'évolution intellectuelle ou la pensée ne saisissait pas encore la pensée symbolique.
Beaucoup plus tard, Marcel Fleiss, fidèle défenseur des avatars ou des classiques du Surréalisme, l'accueillera dans sa galerie de la rue Bonaparte où ses œuvres seront merveilleusement présentées par Laurent Danchin.

Dans la presse

Pour mieux connaître Jean-Pierre Maury

L’érotique de l’Alchimie